Interview Valery Zeitoun

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A la rentrée, parmi les spectacles musicaux présentés à Paris il faudra compter sur Un été 44 au Comédia à partir du 4 novembre.

Comme son nom l’indique, celui-ci reviendra sur 3 mois qui ont changé notre Histoire, et il a la particularité d’avoir les chansons créées par nos plus grands auteurs et compositeurs. Un été 44 est produit par Valery Zeitoun, et afin de mieux connaitre son métier et parler du spectacle, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec lui.

Un invité passionnant et nous espérons que la retranscription ci-dessous vous le fera ressentir et vous donnera envie de vous intéresser au projet.

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Bonjour Valery,

Vous êtes le producteur du spectacle Un été 44, pour commencer, pouvez-vous nous dire un peu en quoi consiste votre rôle ?

Le projet était en gestation depuis 2 ans, et je suis entré dans la boucle il y a 1 an maintenant. En gros, un producteur c’est un chef d’orchestre, c’est à dire qu’il est là a plusieurs niveaux. Le premier, c’est financier, il faut injecter de l’argent car un spectacle c’est une petite entreprise, il n’y a pas que les artistes sur scène. Il s’investi aussi au niveau artistique, avec le choix du metteur en scène ou encore du directeur musical. Il met tous les ingrédients pour que les choses se fassent.

C’est la première fois que vous endossez cette casquette pour un spectacle musical, était-ce une envie ? Un défi ?

C’est vrai que l’essentiel de ma carrière était dans le disque, après j’ai eu la chance de produire Les vieilles canailles à Bercy donc c’était une première incursion dans le spectacle musical et j’y ai prit beaucoup de plaisir. Et là, le sujet me passionne, la qualité des auteurs et compositeurs m’a totalement séduit et ce que j’en ai entendu était excellent. Tout cela m’a donné envie de relever le pari.

J’allais justement vous demander si cette période, ou l’Histoire en général vous passionne ?

Oui cela me passionne et je pense ne pas être le seul a être passionné par cette période de l’Histoire. C’était une période douloureuse mais en même temps incroyable, et 75 ans après nous sommes encore sous le coup de cette période. Ce spectacle est arrivé, j’y ai vu des similitudes avec les « méchants » d’aujourd’hui, et j’ai trouvé important de rappeler que nos grands-parents l’ont vécu et qu’on doit être à leurs hauteurs. Et bien sûr je ne parle pas que des français, mais de tout ceux qui ont participé, de près ou de loin, de manière civile ou militaire, à ces 3 mois qui ont changé l’Histoire du monde moderne.

En revanche, il faut bien préciser que ce ne sera pas un spectacle sur la guerre.

Non, ce n’est pas un spectacle sur la guerre. Evidemment ce sera abordé car pour expliquer la paix il faut parler de la guerre, mais ce sera à peine 3 chansons sur 24. Ce ne sera pas un spectacle guerrier ni un cours d’histoire didactique, mais il y aura beaucoup d’anecdotes et ça montrera que c’est l’avènement de la société de consommation car les alliés sont arrivés avec le Coca-Cola par exemple.

A quoi ressemblera Un été 44 en quelques mots ?

Nous sommes les outsiders de la rentrée, car il va y avoir de nombreux spectacles de qualité attendus avec des gros budgets. Nous, on a un petit budget mais nous sommes ambitieux. Le choix d’Anthony Souchet comme metteur en scène s’est fait car il a été porté par les chansons, et lorsqu’on a parlé de nos références, nous sommes tombés d’accord sur Le vieux fusil (film de Robert Enrico NDLR), et on va essayer d’y ressembler. C’est très ambitieux et prétentieux, mais on ne fait pas ce métier si on n’est pas ambitieux et on va essayer de se rapprocher de l’image de ce film. Il y aura des décors et des costumes, tout ça sous le contrôle et l’égide du Mémorial de Caen.

Le premier single Passer la nuit est disponible, comment le présenteriez-vous ?

Passer la nuit, c’est un titre écrit et composé par Eric Benzy. Ce sont les 20 premières minutes du film Il faut sauver le Soldat Ryan, mis en parole pendant 3 minutes 30. On lui a vendu des choses à ce môme qui vient du bout du monde, et ce n’était pas vraiment la réalité. Le titre parle vraiment de ça.

Le fait de ne pas avoir de « têtes d’affiche » au casting, c’était un choix délibéré ?

Oui oui ,c’est un choix, car dans notre spectacle, ce sont les stars qui ont fait les chansons, ça nous confine un petit truc marrant à part. Il y a une expression québécoise que j’adore qui est « il ne faut pas sucrer le sucre ». Des gens célèbrent ont fait les chansons, c’était bien d’avoir des jeunes chanteurs, et puis dans ma carrière passée en maison de disques, j’adorais développer des nouveaux talents donc ça aurait été injuste de ne pas faire confiance à des jeunes. Si dans les 6 il y a des graines de stars tant mieux, ils ont déjà énormément de talent, ils ne sortent pas des filières habituelles. Ils sont passionnés par ce spectacle et respectueux des chansons qu’ils chantent.

La présentation à la presse et au public se fera en Normandie, vous êtes impatient du retour du public local ?

Très impatient. Ce spectacle n’aurait pas pu se faire si on n’avait pas eu le support des Normands. La première chose que j’ai faite en produisant le spectacle ce sont de nombreux allers retours en Normandie, j’ai fait la bande annonce et j’ai été leur montrer. Ils m’ont beaucoup aidé à faire cette tournée de show case et c’est important pour moi. Sur 23 titres, une vingtaine se passent en Normandie, si je n’avais pas eu l’appuie des Normands et celui du directeur du Mémorial de Caen je n’aurais rien fait. C’est pour cela que le lancement officiel se fera là-bas et non pas à Paris.

Et curieux également de la première parisienne ?

Bien sûr, mais je vais vous dire, avec l’âge j’ai appris à gérer mon impatience et cette période là est aussi agréable. On ne sait pas a quelle sauce on va être mangé même si on travaille beaucoup. Mais j’ai eu des gros succès dans le passé que je n’ai pas su apprécier à leur valeur car j’était trop impatient. On espère qu’Un été 44 sera un succès, et si ça l’est ce sera un très bon moment. Il ne faut pas accélérer le temps.

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Le Carrefour Culturel remercie Valery Zeitoun de nous avoir parlé avec ferveur de Un été 44 à découvrir dès le 4 novembre 2016 au Comédia. En attendant, écoutez Passer la nuit, le premier single du spectacle interprété par Tomislav Matosin.

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